Critique de towntempo sur hiphopfranco.com (15/04/07)
Par Maxime Robin, dimanche 15 avril 2007 à 13:33 :: Presse :: #187 :: rss
http://www.hiphopfranco.com/articles/albums_quebecois/5.html?mod=display&item=550
En magasin depuis le 6 février dernier, Maxime Robin is a Towntempo Kind of Guy est un album électro-hiphop instrumental. Maxime Robin avait déjà participé notamment à l'album L'affaire, à l'album de Supercharger Une autre affaire qui gosse ainsi qu'à l'album Le nouveau dans le duo Dromadaire à deux bosses. Il a aussi produit un disque solo instrumental, Beatwalker, dont la critique a été fait sur le site. Il s'est aussi fait connaître pour ses vidéos d'animation, présentés dans le cadre du mouvement Kino à Trois-Rivières. Il est aussi l'auteur d'une série d'articles, intitulée Production 101, qui ont été publiés sur le site. Ainsi, il a réalisé le premier vidéoclip de son album, avec l'illustrateur Pascal Blanchet.
Maxime Robin a déjà prouvé avec ses disques précédents que sa musique pouvait être relativement narrative. Avec ce disque, il semble vouloir véritablement le mettre en application plutôt que de simplement l'expérimenter.
Les liens entre sa musique et le cinéma se font sur deux aspects: la présence de récit, de « narratif », mais une présence qui se base entre autres sur le deuxième aspect, soit la référence à des atmosphères qui évoquent des films. Le fonctionnement est relativement simple: la méthode du sampling ne nous permet pas nécessairement de reconnaître précisément la source, mais reste dans une « iconographie sonore » qui ne nous est pas étrangère. Les atmosphères font donc appel aux références de l'auditeur, de par l'évocation de types de films qu'il a pu déjà voir.
Ainsi, « Royal Break » évoque une ambiance véritablement « royale », qui sonne « de l'époque » sans qu'on n'oublie que le type de son est très contemporain. Les ambiances vont jusqu'à être tristes, tout en restant relativement aussi fragmentées que les autres pistes. « Le Agace Break » et « (Untitled 11) » en montrent deux exemples : il y a dans ces deux pièces une musique longue qui unifie tous les sons pris d'ailleurs.
On va jusqu'à la présence d'une musique qui rappelle le vieux film d'horreur, ou encore quelques fragments d'une chanson des années 80. Tout ça juste assez pour qu'on reconnaisse la possibilité d'où ça a été pris, sans qu'on s'attarde à trouver la source précise. Le son est toujours très fragmenté, chaque son nous apparaissant bien sûr dans une continuité cohérente, tout en conservant sa caractéristique unique.
« My name is not Carlos » fonctionne presque selon le principe du « mickeymousing ». Le terme vient du fait que, dans les films de Mickey Mouse, la musique suit les mouvements du personnage. Bien sûr, le vidéoclip aide à se faire une image. Mais, ce qui nous fait évoquer un mouvement vers l'avant, ce sont chacun de ses sons disparates qui créent un rythme régulier de marche et qui évoquent des images. Il n'est donc pas surprenant que Maxime Robin soit aussi vidéaste d'animation.
L'album a aussi un côté très ironique. Le narrateur se joue de nous : alors qu'on sait très bien que le sampling est récurrent sur l'album, une voix déformée croit bon de nous rappeler que la loi nous interdit de copier le contenu du disque, protégé par les droits d'auteur.
Le disque est donc l'aboutissement d'un travail musical qui s'est accomplit par divers projets. Maxime Robin a déjà été « beatmaker » pour Supercharger ou Bobby Fisher, mais son œuvre prend une dimension plus qu'intéressante lorsqu'elle est créée pour elle-même.
Commentaires
1. Le dimanche 15 avril 2007 à 15:02, par Simon Dor
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